Réflexions sur la Simplicité Volontaire et la Décroissance - Le site de Philippe Lahille

Décroissance contre écologie ?

Si vous vous intéressez au mouvement pour la décroissance, que vous lisez la revue éponyme, les sites web sur le sujet, vous vous rendrez rapidement compte qu'il y a les bons et les vilains, les authentiques et les tartuffes.
Que le mouvement pour la décroissance ait une ligne politique bien définie est tout à fait louable, et il l'a. Mais élargissons un peu la réflexion...

 
Je suis de ceux qui sont prêts à accepter et à soutenir tout ceux qui vont dans le bon sens.

Ecologie et décroissance poursuivent des objectifs souvent communs, avec parfois des mots différents pour le dire.

Les décroissants sont bien conscients qu'au train où va le monde aujourd'hui, nous allons droit dans le mur. Notre planète va s'autoasphyxier, et nous avec. Les écologistes ne disent pas autre chose. Mais quand les uns parlent de décroissance économique, les autres prônent le développement durable, les emplois "verts". Dans "développement durable", il y a "développement". Oui et alors ? Si ce développement profite aux pays du Sud par exemple, qui en ont le plus besoin, c'est tant mieux. Les "décroissants" revendiquent la décroissance des inégalités. La formule est magnifique et j'y adhère. Le commerce équitable y contribue.
 

Alors je sais, rien n'est parfait dans ce monde, et le propre de toute idéologie est d'être utopique, sinon on ne fait que gérer les affaires courantes.


On se moque bien volontiers de Nicolas Hulot ou de son compère Yann Arthus Bertrand qui, au nom de l'écologie, parcourent le monde, qui en hélicoptère, qui en avion, avec de grands renforts d'équipes techniques.

On calcule alors le bilan carbone de leur moindre déplacement et on les tourne en dérision. Mais c'est oublier leur immense contribution : ils ont fait prendre conscience, à des millions de nos concitoyens, des problèmes écologiques actuels et à venir. Ils ont fait immensément plus à eux deux que tous les leaders de mouvements écologistes réunis. Et l'on sait que toute société progresse bien davantage grâce à l'évolution des consciences que par toute décision politique.

Et quand se tient un sommet à Copenhague sur l'environnement, tous ces chefs d'état qui s'y rendent en avion, accompagnés d'un staff pléthorique, doivent bien représenter à eux tous un bilan carbone immensément supérieur à celui de Nicolas et Yann réunis. Pour un résultat peu convaincant.

Pour conclure, j'aimerais tant que tous ceux qui vont dans le même sens s'écoutent, tentent de se comprendre et se respectent, à défaut de travailler ensemble. Nous allons avoir besoin, dans les décennies à venir, de toutes les bonnes volontés pour résoudre les incommensurables problèmes écologiques qui vont surgir (et surgissent déjà).

Si la lecture d'un ouvrage de Paul Ariès ou de Serge Latouche m'enrichit considérablement et m'invite à de profondes réflexions, la vue d'un documentaire de Yann Arthus Bertrand ou de Nicolas Hulot peut éveiller bien d'autres consciences. Et que dire d'une conférence de Pierre Rabhi ! Je ne vois là aucune contradiction insurmontable et espère n'avoir ici contrarié ni les uns ni les autres...





 
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