Réflexions sur la Simplicité Volontaire et la Décroissance - Le site de Philippe Lahille

"Il faut sauver la Planète !"

Combien de fois avons-nous entendu cette expression ! Dans des magazines, des documentaires sur l'écologie, dans la bouche de militants de Greenpeace, aux journaux télévisés dès qu'une catastrophe écologique survient...
Il faut sauver quoi, la Planète ? En êtes-vous si sûr ?

Notre planète n'est en rien menacée, excepté par l'extinction de notre soleil dans cinq milliards d'années. Sinon, il peut survenir tous les cataclysmes possibles, des pluies de météorites, des dizaines d'explosions nucléaires, des contaminations à grande échelle des eaux, de l'air, des trous dans la couche d'ozone, des éruptions volcaniques, des tsunamis, la Planète survivra, et elle en a vu d'autres !

Je m'explique : j'imagine que ceux qui disent qu'il faut sauver la Planète entendent par là qu'il faut sauver la vie qui prolifère sur notre planète. Mais cette vie est tellement protéiforme, capable de se nicher absolument partout, dans des lieux et températures extrêmes, d'acidité extrême, de radioactivité extrême, de pollution extrême qu'il y aura toujours de la vie sur notre bonne vieille Terre.

Sans doute parlez-vous alors de nous, humains. Mais avez-vous remarqué alors jusqu'où se niche notre égocentrisme. Sous le vocable "Planète", nous parlons en fait de l'Humanité. Comme si nous en étions les seuls occupants dignes d'intérêt et que tout le reste ne compte pour rien. Nous en sommes pourtant les locataires depuis si peu de temps à l'échelle géologique.
La Planète se moque bien de nous et de nos pires malversations. Que notre espèce perdure ou non lui importe peu.
J'assistais l'autre jour à une conférence d'un ami, Jean-François Petilon, sur la pire crise qu'ait connu notre Planète, pas celle de la disparition des dinosaures, qui est presque anecdotique, mais celle d'il y a 250 millions d'années. Réchauffement climatique de 10 degrés, énorme éruption volcanique en Sibérie, forte baisse de la salinité de l'eau, dégagement considérable de méthane et attaque de la couche d'ozone, et j'en passe. Plus de 90% des espèces animales marines disparurent et 70 à 75% des espèces terrestres. Puis la vie se développa de nouveau comme jamais auparavant.

Alors cessons de nous cacher derrière des alibis écologiques et prenons nos responsabilités : nos pollutions, notre industrialisation à outrance, notre agriculture intensive et chimique, nos accidents nucléaires, nos marée noires et nos gaz à effet de serre mettent l'Homme en péril, tout simplement.

Et ça doit bien faire rire la Planète de voir l'une de ses espèces se saborder elle-même avec autant d'application !


 
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