Réflexions sur la Simplicité Volontaire et la Décroissance - Le site de Philippe Lahille

Nous sommes à bord d'un train fou !

Imaginez un gigantesque train, lancé à toute allure, composé de 200 locomotives tractant une multitude de wagons. Au lieu de faire "tchouc-tchouc" à chaque tour de roue, il fait "plus-plus".
Dans les wagons, plus de 6 milliards de passagers. A bord des locomotives, aux manettes, les 200 gouvernants des 200 pays de la planète ! (nous pourrions faire plus simple, à l'heure du G20, et ne garder que 20 locomotives, mais ce serait faire injure aux 180 autres pays !).

Ce triste train roule sur une voie unique, aboutissant à un mur. Tout le monde le sait, les conducteurs de loco en premier. Il y a ceux qui ont envie de freiner, d'autres qui attendent de voir qui va freiner en premier, d'autres qui se disent "à quoi bon freiner si tout le monde continue à accélérer".  Enfin, il faut bien se rendre à l'évidence, la plupart ne savent même pas où se trouve la manette de frein. Ils n'ont jamais utilisé que celle des gaz.

Alors ils en parlent, ils en parlent, font des réunions, des sommets, de beaux discours, interrogent des experts, des techniciens es manette de frein, et pendant ce temps le mur approche à toute vitesse !

Voilà que fin 2008, le train marque un léger ralentissement... Non pas que nos conducteurs aient trouvé la manette salvatrice, non non ! C'est bien malgré eux, sans doute la voie ferrée grimpe t-elle un brin, ralentissant de ce fait le convoi.

Et nos 6 milliards de passagers, dans cette histoire ?

Ils n'ont que deux possibilités : faire confiance aux conducteurs aveugles, irresponsables et suicidaires, espérant qu'après moult consultations, il se décideront à ralentir tous ensembles, ou alors...

ou alors...

sauter du train en marche !

Ca risque de faire mal, mais moins que se s'écraser contre le mur. C'est une décision égoïste (après moi, le crash...), mais en même temps nous avons suffisamment attendu sans résultat. Alors, chacun de nous qui avons conscience que ce train fou va nous tuer, sautons !

Sauter signifie ici adopter un nouveau choix de vie qui s'appelle "la Simplicité volontaire". C'est dire haut et fort que nous ne voulons plus de cette "croissance pour la croissance", qui pollue et gaspille, qui creuse les inégalités et pille les ressources de la planète. Et comme il ne suffit pas de le dire, faisons-le, individuellement, de notre plein gré, dans notre vie quotidienne. Découvrons les vertus de la sobriété et de la frugalité, apprenons à moins consommer, à se satisfaire de l'indispensable... C'est ce que Pierre Rabhi nomme "faire la part du colibri".

Ils vont en faire un tête, les conducteurs de locos, quand ils s'apercevront que leurs wagons sont vides ! Et je n'arrive même pas à m'apitoyer...
 





 
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